Dans les métiers des télécoms et du numérique, la crise n’est plus d’actualité. Après une année 2016 très favorable, les recrutements devraient se maintenir à un haut niveau en 2017. Un terrain propice à l’insertion des jeunes ingénieurs et une véritable opportunité pour les étudiants en formations par apprentissage.

Les profils techniques plébiscités

Cette année encore, le baromètre IMT des métiers du numérique rappelle que la demande des entreprises se focalise sur les métiers techniques. Le « développement de logiciels et réseaux » arrive en tête (22 % des besoins) devant celui d’ « architecture et ingénierie » (15 %). Si l’on regarde spécialité par spécialité, « Système d’information » (12 % des demandes), « ingénierie/intégration et déploiement systèmes » (11 %) et « sécurité » (10 %) constituent le trio de tête des compétences les plus prisées. Suivent de près « sciences des données » et « architecture système ».

Pour leurs jeunes recrues, les entreprises privilégient donc les postes techniques. Ce qui ne correspond pas forcément aux envies des diplômés d’écoles d’ingénieurs qui rêvent de pilotage de projet et de fonctions transversales. De même, les spécialités les plus « glamour » bénéficiant d’un certain engouement médiatique ne sont pas forcément les plus recherchées. C’est le cas de l’Internet des objets (8 %). Quant aux compétences dans les technologies du Web, elles sont surtout  prisées par les éditeurs de logiciels (14 %) et dans les services (14 % hors ESN).

La guerre des talents relancée

En réalité, tout le monde recherche les mêmes compétences. La « guerre de talents » qui s’était un peu calmée ces dernières années est repartie de plus belle. Sécurité, réseaux, cloud … dans tous ces domaines le cabinet conseil NetXP (90 salariés) se retrouve en concurrence avec les grosses ESN, les éditeurs ou les grands groupes. Pour accompagner sa croissance, NetXP compte recruter entre 20 et 30 personnes par an et vise un effectif global de 200 personnes en 2021.

Pour trouver leurs perles rares dans les fonctions techniques, certaines sociétés vont chercher leurs étudiants très tôt. L’apprentissage est un outil de pré-recrutement efficace. Cela est surtout valable dans les groupes industriels. Eiffage Énergies (réseaux et systèmes d’énergie et d’information pour les infrastructures, l’industrie et le bâtiment) intègre une centaine d’apprentis par an, en plus des 100 CDI et 100 stagiaires dans les domaines du génie électrique, génie climatique et télécoms. Même intérêt pour l’alternance chez DCNS qui a fait travailler 650 apprentis en 2016. Le constructeur PSA, de son côté, maintient son objectif de 1000 alternants par an (plus 750 stagiaires) avec de nouveaux besoins dans les métiers de la sécurité, du numérique et du Big Data, notamment. En revanche, dans les activités de conseil, l’apprentissage soulève moins l’enthousiasme. Difficile en effet de concilier le rythme de l’étudiant avec le métier de consultant qui nécessite une présence suffisante dans l’entreprise. La préférence va alors au stage qui permet de repérer les bons potentiels.

Baromètre réalisé  le 9 février 2017 auprès de 62 des entreprises présentes au Forum des télécoms. Secteurs représentés : Audit conseil, Opérateurs télécom, industrie télécom et électronique, ESN et ingénierie, autres industries, services (hors ESN).