Devenir acteur de sa formation : et si le pouvoir d’agir était la clé ?
Comment aider un étudiant à devenir acteur de sa formation et à construire progressivement son identité d’ingénieur ? Lors du séminaire Tous Cap d’IMT Mines Alès, Jacques Tardif a rappelé que le développement des compétences repose aussi sur la capacité à comprendre son parcours, à mesurer ses progrès et à prendre confiance en soi. Une réflexion qui invite à repenser la place de l’étudiant dans sa formation et les conditions qui lui permettent de devenir pleinement acteur de son avenir professionnel.
Le pouvoir d’agir précède le vouloir agir.
Lors du séminaire Tous Cap d’IMT Mines Alès, Jacques Tardif a partagé une réflexion sur une notion essentielle dans le parcours d’un étudiant : le pouvoir d’agir.
Derrière cette expression se trouve une idée simple : pour s’engager pleinement dans sa formation, un élève doit pouvoir comprendre son parcours, identifier ses objectifs et voir comment il peut progresser.
Et cette démarche prend tout son sens dans une formation d’ingénieur, où les compétences se construisent progressivement, à travers les enseignements, les expériences et les situations professionnelles.
Une formation, ça se construit étape par étape
L’objectif est de rendre le parcours plus lisible et de permettre à chacun de mieux comprendre le chemin à parcourir pour devenir progressivement professionnel.
Pour Jacques Tardif, il est donc important que l’élève puisse avoir une vision claire de ce parcours. C’est là qu’intervient le référentiel de compétences. Plutôt que d’être uniquement un document destiné aux équipes pédagogiques, il peut devenir une véritable « carte de navigation » pour l’élève.
Il permet de rendre visibles :
- les compétences à développer ;
- les situations professionnelles dans lesquelles elles seront utilisées ;
- les différentes étapes de progression ;
- les indicateurs permettant de situer son niveau ;
- les compétences attendues à la fin du parcours.
L’objectif est de rendre le parcours plus lisible et de permettre à chacun de mieux comprendre le chemin à parcourir pour devenir progressivement ingénieur.
Voir ses progrès pour mieux avancer
Le développement des compétences se fait progressivement. Jacques Tardif présente notamment une progression en trois niveaux :
novice → intermédiaire → compétent
À chaque étape correspondent des indicateurs permettant de mieux identifier ce que l’élève maîtrise déjà et ce qu’il doit encore développer. L’évaluation prend alors une autre dimension. Elle ne sert pas uniquement à obtenir une note : elle permet aussi de situer sa progression et d’identifier les prochaines étapes.
Les rétroactions régulières jouent ici un rôle important. Elles permettent à l’étudiant ou l’apprenti de mieux comprendre ses réussites, ses difficultés et les points sur lesquels il peut encore progresser.
L’intelligence artificielle : une nouvelle ressource
L’arrivée de l’intelligence artificielle apporte également de nouvelles perspectives. Jacques Tardif considère l’IA comme une ressource externe que les élèves peuvent mobiliser dans leurs apprentissages. Mais son utilisation amène aussi à s’intéresser davantage au processus qui conduit au résultat. L’important n’est donc pas uniquement de regarder ce qui a été produit, mais aussi de comprendre comment les différentes ressources ont été mobilisées et combinées. L’IA vient ainsi s’ajouter aux nombreuses ressources dont un élève peut disposer pour apprendre, résoudre un problème ou développer ses compétences.

La confiance au cœur du parcours
Enfin, le développement du pouvoir d’agir repose aussi sur une dimension humaine : la confiance.
Au fil de sa formation, l’étudiant ou l’apprenti construit progressivement son identité professionnelle. Les enseignants et les différentes expériences vécues participent à cette construction.
Pouvoir parler de ses difficultés, de ses erreurs et de ses progrès favorise une démarche de réflexion et de progression. La relation entre l’élève et les enseignants devient ainsi un véritable élément du parcours de professionnalisation.
Devenir progressivement l’ingénieur que l’on veut être
La conférence de Jacques Tardif propose finalement une vision de la formation comme un parcours de professionnalisation progressif et cohérent.
- Le référentiel permet de donner une direction.
- Les expériences permettent de développer les compétences.
- Les évaluations et les rétroactions permettent de mesurer les progrès.
- La réflexivité permet de comprendre son évolution.
- Et la confiance permet de prendre progressivement sa place.
Le pouvoir d’agir ne se décrète pas : il se construit au fil du parcours.
Pour un futur apprenti, cette approche rappelle une chose essentielle : la formation ne consiste pas seulement à apprendre des connaissances. Elle permet aussi de construire progressivement les compétences, l’autonomie et l’identité professionnelle qui feront de vous l’ingénieur de demain.